mars, 2014

Balance maman hors du train

Mardi, mars 25th, 2014

Balance maman hors du train Question N° 1: à quoi songe Larry, un romancier qui s’est fait piquer ses meilleures idées par son ex-femme qui en a fait un best-seller ?

 

Question N° 2 : quel est le souhait le plus cher d’Owen, apprenti auteur de polars dominé par une mère étroitement abusive ? Réponse à ces deux interrogations : à se débarrasser de ces terreurs en jupons et accéder enfin à la gloire tant attendue. Le seul hic est que si l’ex-épouse de Lorry ne rechigne pas à disparaître rapidement de la circulation, la mère d’Owen résiste crânement à toutes les tentatives de meurtre dont elle fait l’objet, au désespoir de son rejeton comploteur. Premier film réalisé par Danny de Vito, « Balance maman hors du train » est une réjouissante comédie où le même de Vito, plus gnome agité que jamais, constitue l’antidote parfait au personnage incarné par Billy Crystal. Menée à un rythme saccadé et truffée de rebondissements en tous genres, cette comédie policière tire sa force de la confrontation puis de la fusion forcée de ces deux caractères obligés de faire équipe pour le pire plus que le meilleur. On ou-blie volontiers les répétitions qui émaillent le film ici et là pour ne retenir que l’exubérance du duo de Vito/Crystal, ainsi que l’incroyable vigueur d’Ann Ramsey, tordante en mamie bougon, affreuse, sale et méchante. Vite, la suite !

Les pyramides bleues

Mercredi, mars 19th, 2014

Les pyramides bleues  A la longue, il peut devenir lassant d’être éternellement définie comme « la diaphane égérie-des-films d’Eric-Rohmer ». Arielle Dombasle a trop de personnalité pour se contenter d’être une de nos plus belles comédiennes elle chante, elle danse, elle scénarise… il fallait aussi qu’elle mit en scène. Après son « Chassé-croisé » intimiste, en noir et blanc, voici donc un film d’amour, d’aventures, d’exotisme. L’action commence au Mexique, où Arielle a passé son enfance, et s’inspire d’un fait divers d’antan. In- comprise, insatisfaite, Elise quitte la cage dorée où elle vécut huit ans avec Alex, s’enfuit et… entre au couvent ! Ales envoie des sbires à sa recherche et finance le cynique prophète d’une secte pour monter une machination qui ramène la fugueuse au bercail. Ce qui complique tout, c’est que l’adepte choisi pour cette mission délicate est en fait un journaliste (Hippolyte Girardot) qui s’est introduit dans cette bande de mystiques. Histoire abracadabrante, certes, mais Arielle n’est pas dupe, et c’est pour elle comme un défi. Quelle autre actrice pourrait, d’une scène à l’autre, apparaître en souple naïade évoluant dans une piscine de rêve et en novice d’une communauté religieuse ? Qui oserait ce rapprochement entre le corps cambré d’une femme pendant l’amour et celui d’un Christ d’ivoire sur son crucifix ? Certains pourront sourire… N’empêche que ces tranquilles audaces parviennent à faire mouche Arielle brise le ronron soporifique du cinéma ambiant.

Miguel Bosé : l’hidalgo européen

Mercredi, mars 19th, 2014

Miguel BoséOui, Miguel Bosé est espagnol. Non, son répertoire n’est (Dieu merci) nullement composé de « Para bailar la bamba », « Cucurrucucu » et autre « Guantanamera » à endormir un régiment de punks bataves. La pop music made in Spain peut swinguer drôlement bien et Miguel en est la preuve vivante. Véritable idole dans son pays, en Italie et en Amérique du Sud, sa popularité n’a curieusement pas franchi les frontières hexagonales, malgré la sortie de quelques albums dont l’un contenait une superbe chanson, « Mas alla» composée par Jean-Paul Dréau. Aujourd’hui, ce relatif incognito français risque bien de s’estomper grâce à « Lay down on me », qui fait également l’objet d’un superbe clip réalisé par la même équipe qui a signé les dernières vidéos de Basia, Curiosity Killed the Cat et Terence Trent d’Arby notamment. Le résultat se révèle à la hauteur des ambitions du chanteur : sophistiqué, intrigant et classieux. Ne recourant à aucun effet facile et loin de tout racolage, les réalisateurs du clip réussissent à mettre en valeur le chanteur et la chanson, au lieu de se rabattre sur le côté « pin-up boy » de mise. Question clips, Miguel n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il en a déjà tourné plusieurs auparavant dont deux, originaux en diable, furent mis en scène par Andy Warhol en 1984. De la vidéo au cinéma, il n’y a d’ailleurs qu’un pas que Miguel a franchi depuis quelques années. Digne fils de la plus-que-sublime Lucia Bosé, il a déjà tourné dans une bonne douzaine de longs métrages italiens et espagnols. Et c’est dans « Sahara » que nous le verrons en septembre dans le rôle d’un cheik du désert avec, à ses côtés, Mathilda May. Hormis la chanson elle cinéma, Miguel possède d’autres cordes à son arc, telles que d’authentiques dons littéraires et journalistiques que les Espagnols ont pu apprécier lors de la parution, il y a huit ans, d’une série d’articles dans un hebdomadaire. Abordant des thèmes aussi divers que la ville de Madrid et des rapports d’amour et de haine qu’il entretient avec elle ou des personnages constituant son univers d’alors, ces chroniques douces-amères laissent entrevoir une personnalité et une sensibilité suffisamment riches pour ne pas se confiner au seul tour de chant et aux déclarations traditionnelles destinées à la presse du cœur (la fameuse et terrifiante « prensa del corazon » omniprésente en Espagne). Occupant une position singulière dans l’échiquier du showbiz latin. Miguel est peut-être l’un des premiers chanteurs véritablement européens à se distinguer à l’aube des années 90. Pas seulement parce qu’il chante ses chansons en espagnol, anglais et italien (à ce propos, qu’il nous soit permis de préférer les versions espagnoles de ses tubes, plus personnelles et originales que les adaptations volontiers conventionnelles effectuées dans la langue de Shakespeare). Non, son « européanisme » réside plutôt dans une ouverture d’esprit qui lui a permis d’assimiler plusieurs cultures puis de les restituer habilement dans ses chansons qui peuvent ainsi prétendre au public le plus large possible. Au moment où la France découvre les films d’Almodovar et fait un triomphe aux romans du Colombien Garcia Marquez, il serait plus que dommage qu’elle passe à côté de ce « Swinging conquistador » aux mille facettes qu’est Miguel Bosé.

Le dénonciateur

Mercredi, mars 19th, 2014

Le dénonciateur Le cinéma (et le public ?) anglais raffole de ce genre de films d’espionnage, adapté de best-sellers qui ne se sont jamais vraiment bien remis du succès de John Le Carré. «Le dénonciateur » est donc une leçon et un suspense d’espionnage, vu à hauteur de quotidien. Un père, homme d’affaires respecté et ancien combattant médaillé, refuse absolument de croire à la mort accidentelle de son fils, traducteur de russe pour les services secrets. Il mène son enquête et découvre bientôt un petit monde d’agents secrets qui a perdu toute humanité et joue avec les vies comme avec les pions d’un gigantesque échiquier international. Ces gens représentent un pouvoir politique omnipotent. Leur monstruosité est devenue normalité. Sur ce plan, le film de Simon Langton est assez efficace. Mais l’intrigue est confuse à souhait et débouche sur des lieux communs. Le réalisateur a décidé de filmer en longueur, et avec les silences. «Le dénonciateur » se perd donc en interminables bavardages. Et les acteurs, Michael Caine en tête (que l’on a l’impression d’avoir vu mille fois dans ce genre de films !), jouent tout dans le masque « british ». On peut repérer la partie du film où Michael Caine est éprouvé par le chagrin au fait que le masque de la distinction ennuyée s’illustre d’un regard humidifié par les larmes.

Track

Mercredi, mars 19th, 2014

Elle est riche, va se remarier, mais ne parvient pas à oublier un mari porté disparu (donc, légalement, ni mort ni vivant) pendant la guerre du Vietnam. Mais, après moult années d’absence, l’époux surgit un soir, avec une histoire de service secret et de trafic ayant mal tourné. Ce qui est sûr, c’est qu’un certain Motta lui tire dessus dès qu’il l’a dans sa ligne de mire. Carter tel est le nom du disparu transforme immédiatement la vie de son épouse retrouvée en cauchemar. Celle-ci l’aide à fuir, mais l’avion, qui devait leur permettre de quitter le pays, explose au décollage. Heureusement un incident de dernière minute les a fait descendre de l’appareil. Pour le couple traqué et considéré comme mort dans l’attentat, une fuite éperdue commence. Mais la jeune femme va petit à petit comprendre que les apparences peuvent être trompeuses. David Birney joue les personnages ambigus avec conviction et Meredith Baxter Birney (son épouse à la ville) aborde les dames en péril avec l’émotion qui convient. L’intrigue est solide et le suspense bien mené, mais ce téléfilm souffre, au niveau de la réalisation, d’un manque total de recherche de mise en scène.

Mission à Manille

massion à manilleCap sur les Philippines ! A Manille, Web (Larry Wilcox) recherche son frère Tony, disparu avec un million de dollars d’héroïne. La drogue est une chose dangereuse. Preuve en est qu’une cascade d’ennuis va jaillir à flots sur le brave Web. Herbe et coke sont au programme, mais surtout de violentes bagarres qui mettent la ville à feu et à sang. Défonce assurée. Ajoutez à ce menu déjà copieux de superbes Asiatiques qui viennent compléter un tableau déjà très chargé en événements. Les recherches de Web, d’abord infructueuses, vont cependant vite se révéler concluantes. La piste, une fois remontée, le conduira dans les griffes de Harry, le magnat local du trafic de stupéfiants. Des palaces somptueux aux rues glauques et sordides de Manille, le spectateur est conduit à vitesse grand V dans une succession de catastrophes d’un intérêt douteux. Si le film est bien rythmé, le scénario ressemble plus à celui d’un « Magnum » ou d’un « Mannix » qu’à autre chose. L’affaire, très compliquée, qui est ici laissée à notre appréciation, devient rapidement ennuyeuse. Malgré tout, certaines images « carte-postale » nous assurent un dépaysement complet.

La veuve noire

Dimanche, mars 16th, 2014

la veuve noireCette « veuve noire », qui emprunte son sobriquet à la fameuse araignée, est une meurtrière aussi intelligente que diabolique, incarnée par la très excitante Theresa Russell (l’amante perverse de « Enquête sur une passion », la pseudo-Marilyn de « Une nuit de réflexion »). Catherine s’arrange pour épouser des milliardaires, leur faire signer un testament en sa faveur, puis les assassiner en restant insoupçonnable. Comme la Marnie d’Hitchcock, ou Isabelle Adjani dans « Mortelle randonnée », elle change d’identité et de ville après chaque méfait. Jusqu’au jour où une fonctionnaire du ministère de la Justice, Alexandra (Debra Winger) a la puce à l’oreille. Mais, et c’est ici que ce scénario de série noire devient passionnant, plus elle approche de sa proie, plus l’enquêtrice s’aperçoit qu’elle lui ressemble. D’abord, pour ne pas éveiller les soupçons, elle se présente aussi sous un faux nom, et ce double jeu débouche sur le terrain de la séduction, de la rivalité amoureuse. Ces deux carnassières se comprennent trop pour ne pas se haïr et se combattre à mort. Je vous laisse le plaisir de découvrir, au fil d’un suspense d’une rare intensité, laquelle est au fond la plus sympathique et la plus attirante.