novembre, 2014

Les 4 mercredis

Mercredi, novembre 19th, 2014

MusclorFilm Office sort son sixième volume des exploits de Musclor dans Les maîtres de l’univers (81/83. 78 mn). Trois épisodes au cours desquels le prince Adam affronte son éternel ennemi, Skeletor. Océanor veut s’emparer d’un appareil à ultra-sons qui lui donnerait un contrôle absolu sur tous les animaux ; le peuple des cavernes et le peuple des arbres s’entre-tuent pour la possession de la petite Estria aux pouvoirs merveilleux tandis que Maître d’armes est transformé en statue de cristal par Skeletor : c’est alors que le prince Adam se transforme en Musclor grâce aux pouvoirs de son épée magique et prend les choses en mains avec Tula, Orko et les autres… Peu de nouveauté dans ces épisodes dont l’issue est trop certaine… et ce n’est pas la qualité de l’animation qui va faire passer la pilule ! Antarès continue, de son côté, à nous offrir les trésors de l’animation russe dans sa collection «Réglisse», avec La légende du Tsar Saltan (50 mn) d’après un conte de Pouchkine, réalisé par Ivan Vano (dont on a vu, récemment, la très jolie Reine des glaces). Le Tsar Saltan épouse une jeune paysanne pour sa beauté. Mais ses cousines, jalouses, se vengent d’elle en faisant croire au tsar en campagne, que le fils qu’elle a mis au monde est un monstre. Il bannit de son royaume la mère et l’enfant qui vont voguer sur la mer dans un tonneau pendant vingt années. Ensuite-, le jeune prince Guidon vit dans une merveilleuse cité sur une île où ils ont échoué, mais il rêve de connaître son père. Et ce sont les visites régulières des marchands qui créent un pont entre eux. Aidé par un cygne blanc qu’il a sauvé des griffes d’un épervier, le jeune prince retrouvera l’amour de son père et découvrira dans le cygne blanc, la jeune fille qu’il rêvait d’épouser… L’animation est plus raide que dans La reine des glaces ; malgré de beaux dessins et des décors aux couleurs très soignées, l’ensemble est moins réussi. Chez Vestron, une production Golan/Globus de Boaz Davidson (1986. 86 mn). Mon aventure africaine raconte le voyage en Afrique de Ben McNamara, douze ans, fils d’un sénateur, accompagné de son mentor, Big Bad Joe (Dom de Luise) et guidé par Mozambo, grand organisateur de safaris. La traversée d’une grande réserve d’animaux en liberté, une séance chez un «dentiste local» et la rencontre avec Bonzo, un chimpanzé qui parle, marqueront ce périple haut en couleurs, bien qu’un tantinet balourd quant à l’humour pratiqué… Le comique est si maladroit qu’on est tenté de le qualifier de raciste. Heureusement, les Blancs ne sont pas non plus des lumières dans cette histoire (Herbert Lom est pitoyable, qu’allait-il faire dans cette galère ?) mais Dom de Luise arrive à être drôle dans ses démêlés avec les animaux sauvages. L’entreprise est ambitieuse, certains moments très soignés et réussis (le passage dans le cirque à la fin) mais cela ne suffit pas. Les moyens sont là, mais il n’y a pas la grâce. Mais, pour vous prouver que je peux aussi critiquer les productions Walt Disney, j’ai gardé ma mauvaise humeur pour la fin, à propos de la dernière cassette de dessins animés La joyeuse ménagerie (76 mn). Nous avons là une sélection de huit dessins animés (de 1934 à 1967), avec cinq Donald, dont un déjà vu dans Donald et Dingo au Far-West (Donald au ranch), un vieux Mickey (1935) totalement surréaliste et extraordinaire (La fanfare), et deux autres avec des souris (La souris volante et Franklin et moi) qui figuraient déjà dans Il était une fois une souris… Est-il besoin d’en dire plus ? Entre Disney Channel, le samedi soir et les cassettes vidéo qui resservent du déjà-vu, on va arriver — et c’est bien dommage — à une véritable overdose de dessins animés vus et revus avec Mickey, Donald et compagnie. Ce n’est pas du travail sérieux !

Série B

Dimanche, novembre 9th, 2014

Défaite américaine, la guerre du Viêt-Nam est devenue un véritable filon pour les producteurs hollywoodiens. Imaginons un instant, sur le plan cinématographique, une victoire de l’Oncle Sam !… Treize années après la chute de Saïgon, «la sale guerre» fait aujourd’hui recette. Après le succès mérité de quelques grosses productions (voir «le dossier Viêt-Nam en vidéo» dans OKP n° 82), la série B semble découvrir à son tour cette période douloureuse de l’histoire militaire américaine.

Ainsi, on peut jeter un regard intéressé sur U.S. Marine (Firebird Conspiracy-1 986-1 h 32) qui joue essentiellement la carte du spectaculaire : alors que le Viêt-Nam est pratiquement aux mains des troupes communistes, le capitaine Beck est chargé de faire passer en Thaïlande l’agent Van Tuyen, Vietnamien du Sud et possesseur d’un microfilm explosif qui pourrait déstabiliser la Maison Blanche. Une longue et meurtrière chasse à l’homme s’engage. Mais Beck et ses compagnons ne sont pas des gibiers faciles… Sans être une œuvre d’une perfection absolue, notamment au niveau de sa réalisation et par son manichéisme primaire, U.S. Marine reste un bon et musclé film d’aventures dans lequel sont exposées, sans vergogne, les horreurs de la guerre. Quittons la jungle vietnamienne pour la pampa colombienne. Dans Six hommes pour sauver Harry (Lets Get Harry-1987- 1 h 39), l’ambassadeur des États-Unis et Harry Burck, un ingénieur, sont enlevés par un puissant trafiquant de drogue qui veut obtenir la libération de ses complices. Devant l’inertie du gouvernement américain, le jeune frère d’Harry et ses amis décident de partir en Colombie. Ils engagent un mercenaire, ancien héros du Viêt-Nam… Un récit pas toujours vraisemblable mais très haletant, dans lequel de paisibles ouvriers américains se transforment en apprentis-Rambo. Imaginée par Samuel Fuller, cette histoire, au patriotisme un peu enfantin, est signée par un mystérieux Alan Smithee au demeurant cinéaste efficace. En mercenaire désabusé, l’excellent Robert Duvall fait un numéro de choc. Écrit et interprété par Bill Holliday, décédé à la fin du tournage (le film lui est dédié), Anti-terroriste Force (1 985-1 h 25) est un petit polar sympathique : à la Nouvelle-Orléans, deux flics aux méthodes musclées traquent de dangereux terroristes… Ce scénario trépidant, aux nombreuses péripéties, bénéficie d’un montage rigoureux qui rachète une mise en scène impersonnelle. Reste une série B honorable et jamais ennuyeuse. Excellente surprise que Martin’s Day (1 9 8 4 – 1 h 34), production canadienne où l’émotion se mêle habilement à l’aventure et à la comédie : forçat évadé, Martin a une idée fixe : retourner sur les lieux de son enfance. Poursuivi par de nombreux policiers, Martin prend en otage un petit garçon au regard triste qui se nomme… Martin ! Une solide amitié va naître entre le kidnappeur et le kidnappé… Course-poursuite effrénée, Martin’s Day est surtout l’histoire de deux gamins, un grand et un petit, qui courent vers un rêve de liberté et de bonheur. Richard Harris et le petit Justin Henry forment un duo étonnant. Malgré une jaquette fausse et laide, ne ratez pas ce film d’une sensibilité débordante. L’inoubliable Partie de Blake Edwards (disponible chez Warner) semble avoir inspiré le scénariste de R.S.V.P. (1 984-1 h 22), curieux mélange de film-sexy et de comédie de mœurs : un producteur donne une réception en l’honneur d’un écrivain dont il veut porter à l’écran le dernier «best-seller», satire féroce d’Hollywood. Mais tous les invités ont des noms connus. Les règlements de comptes commencent… Quelques bons gags ponctuent cette gentille comédie dont le délire des dialogues originaux semble fort bien rendu par une version française soignée. Terminons enfin avec le tueur psychopathe du mois qui sévit dans House on SororityRow (1 98 2 – 1 h 32) : un mystérieux assassin commet d’effroyables meurtres dans un collège de jeunes filles… Plutôt soigné, avec en prime une musique superbe jouée par l’Orchestre Philarmonique de Londres, ce petit film d’horreur aligne malheureusement tous les poncifs du genre. «Plus rien n’a de limites…» annonce la jaquette. Sauf l’imagination, semble-t-il…