janvier, 2015

Le coup de l’autruche

Lundi, janvier 19th, 2015

La musique est restée la même. Mais l’idée s’est affinée, jouant sur le souvenir qu’on gardait forcément des deux films précédents. Le premier se passait sur un bateau, le second dans une benne de téléphérique. «On se fait un petit caprice ?» proposait la superbe créature au héros. Et l’heureux homme chassait d’importuns témoins en hurlant au naufrage («On coule !») ou en actionnant une manette d’évacuation («Terminus !»). Le couple se retrouvait seul à déguster son «Caprice des dieux, caprice à deux.» Un plaisir qui ne se partage pas. Difficile de trouver une suite à ces deux petits chefs-d’œuvre. L’agence BDDP voulait profiter de la complicité qui s’était installée entre le produit et le spectateur (les premières notes de la mélodie servent à elles seules de signe de ralliement), mais la saga était trop jeune encore pour qu’on pût broder dans l’ellipse ou se cantonner au clin d’œil. Le directeur artistique Antoine Belteur et le concepteur-rédacteur Bruno Lacoste (un couple inséparable et déjà mythique dans l’anthologie de la pub : Hachette, Michelin, 1664…) ont donc décidé de conserver exactement l’idée initiale, mais de la faire glisser vers la farce, le «nonsense» des Britanniques. Ils ont demandé à Jugnot de filmer le tout. Le héros est, cette fois, maître nageur, veillant sur un troupeau de corps avachis sur la plage. La femme est en maillot, masque et tuba, grimpe à l’échelle, propose son caprice. «Grand concours d’autruches !» hurle le maître nageur dans son porte-voix. Et la foule —très Bronzée — s’enfouit avec ravissement la tête dans le sable. Les figurants ont été trouvés sur place. La naïade à Paris. Pour le maître nageur, le choix fut plus délicat. Il fallait quelqu’un de musclé sans l’être trop, avec surtout le front bas et borné des surfeurs californiens. Les postulants français étaient ventrus ou culturistes, les Mexicains n’avaient pas l’air assez obtus. On trouva enfin la bête à Los Angeles. Tout était prêt pour le tournage, les trous creusés dans le sable. Manquait une chute au film. Barthuel et Lacoste, avec la modestie des très grands, chargèrent Jugnot de l’imaginer. A la fin, perchée sur la chaise du maître nageur, la jeune femme entreprenante baisse la tête, comme une petite chatte soumise. Elle a remonté son masque sur ses cheveux, on a envie de la serrer contre soi. Pas le champion de natation. Tirant un peigne des confins de son caleçon, il vérifie dans le reflet du masque que son front n’a pas bougé.

Les classiques 1 (jeux d’arcade)

Mercredi, janvier 14th, 2015

La mode, comme les disques, est à la compilation. Alors Titus a eu l’excellente idée de ressortir des jeux qui, bien qu’anciens, n’en sont pas moins de qualité. Et c’est l’occasion pour les plus jeunes de découvrir les must qui ont fait la joie de leurs grands-frères, lesquels avaient (sourire condescendant oblige) un Apple II ou un TRS 80. Quelle époque ! Les Classiques 1 comprennent trois «oldies» : un Space Invaders, très rapide et plein de souvenirs, un mur de briques qui vous renvoie un nombre invraisemblable de balles, et surtout un PAC Man réactualisé, capable de mettre le turbo. Mais attention : l’utilisation de ce dernier fait perdre des points. Cruel dilemme ! Faut-il faire des points ou faire des tableaux ? Des jeux à découvrir ou plutôt à redécouvrir.

Vie et mort des dinosauresVie et mort des dinosaures (jeu didactique)

Quoi de plus merveilleux que de voir surgir d’une époque révolue ces gigantesques monstres disparus depuis des millénaires ? Superbe comme une revanche de l’histoire. Ce jeu didactique, avec possibilité de sauver les textes sur imprimante (très pratique lorsque l’on cherche une référence), permet d’étudier la paléontologie. Réalisez vous-même des fouilles au cœur des déserts perdus, et faites bien attention à ne pas détruire les précieux ossements que vous devez ramener au musée et répondez aux questions, difficiles, de trois examinateurs. Pas évident, à moins que le sujet ne vous passionne depuis longtemps. Des millénaires peut-être ?

Sega l’alternative

Lorsque la console Sega est arrivée au bureau, je ne voyais vraiment pas l’intérêt de ce micro sans clavier. Peut-être avais-je en mémoire les consoles d’antan, de piètre qualité. Et puis, à l’usage, et devant la beauté des graphismes, il s’agit bel et bien d’une alternative pour ceux qui s’intéressent plus particulièrement aux jeux d’arcade. Les purs et durs de la gâchette. Ceux qui tirent plus vite que leur écran. A ceux-là, l’achat du pistolet est indispensable. La version d’Out Run, un des meilleurs programmes de conduite automobile, est particulièrement belle. Les cartouches atteignant jusqu’à deux méga octets de mémoires permettent d’atteindre un excellent niveau de qualité. De toute façon, le rapport qualité/prix de cette machine fait que l’on peut parler de l’alternative Sega.