mai, 2015

Pioneer, une certaine idée de la chaîne audiovisuelle

Dimanche, mai 24th, 2015

Nous ne sommes plus qu’à quelques encablures du troisième millénaire, et tout le monde se demande ce que sera demain. En matière d’audiovisuel, on peut penser que les satellites navigueront par dizaines au-dessus de nos têtes pour diffuser de nombreux programmes venus du monde entier. En attendant l’avènement de la haute définition, et donc du téléviseur à écran plat avec résolution parfaite, les appareils actuels nous donnent déjà de belles satisfactions. De nombreux fabricants ont répondu au besoin technique et… social. Le cocooning fait la part belle au cinéma à domicile et ce n’est pas MTT .qui s’en plaindra. Pour déguster les divers programmes proposés (audio et vidéo), on peut aujourd’hui disposer d’un matériel de pointe à un prix assez raisonnable. Dans ce cadre, le concept de la «chaîne audiovisuelle» fait merveille. Pouvoir relier chaîne hautefidélité (avec lecteur CD), téléviseur, magnétoscope et, désormais, lecteur CDV est le nouvel atout de cette fin des années 80. Bien entendu, le téléviseur reste l’élément central, le «récepteur» idéal. Comme nous le ferons de temps à autre, nous allons ici mettre en avant une gamme de produits susceptibles de combler les vidéophiles les plus exigeants. Ce mois-ci, nous mettons l’accent sur la nouvelle série de téléviseurs lancée récemment par Pioneer.Pioneer En avant-goût, et pour confirmer cette notion de chaîne de l’image, signalons la naissance de la télécommande Control Unit Pioneer. Celle-ci permet de mémoriser jusqu’à quinze fonctions provenant d’une autre télécommande audio ou vidéo. C’est le cerveau de l’ensemble des téléviseurs regroupés sous l’appellation série I (comme intelligente, of course). Conçus dans un double souci d’esthétique et de performances de haut niveau, ces nouveaux modèles, d’une finition noire et lisse, sont montés sur pieds dorés ou argentés. Au programme, trois appareils (55, 63 et 70 cm d’écran teinté) qui bénéficient des dernières trouvailles en matière de technologie : syntoniseur digital, recherche automatique des canaux, son spatial stéréo, commutation Canal + réelle, sortie audio à niveau variable, technologie CTI (Colour transient improvement) pour la définition d’image, etc. Bien sûr, ils sont tous aux standards Pal Sécam, élément indispensable à l’heure actuelle, et l’on peut compléter un de ces modèles par le nouveau magnétoscope VR535, haut de gamme aux multiples fonctions, à découvrir d’urgence (5 790 francs). Les produits de la gamme I sont, eux, vendus à un prix plus que correct, en l’occurrence 5 790 francs pour le SV 21 (70 cm), 6 490 francs pour le SV 25 (63 cm) et 6 990 francs pour le SV 28 (70 cm). Vous savez tout (ou presque), il ne vous reste plus qu’à tester ces modèles chez votre revendeur préféré. On en reparlera en l’an 2 000…

Extraterrestres et lunettes noires pour John Carpenter

Mercredi, mai 13th, 2015

Nous avons été, dans la profession, les premiers à rougir de stupeur. Un éditeur spécialisé dans le hard pur et dur, subtilement intitulé Métal X, se lance à corps perdu dans la commercialisation de séries B nocturnes et bizarres, toutes caractérisées par une réalisation d’enfer et un sujet hors du commun. Comment ne pas se réjouir d’un tel revirement, d’autant que le chef de file de ces nouveaux programmes n’est pas vraiment le fait d’un inconnu puisqu’il s’agit d’«Invasion Los Angeles», réalisé par John Carpenter, qui met en scène la bien curieuse aventure d’un certain John Nada. Adepte du bodybuilding et ouvrier sans emploi, il décide de se rendre à Los Angeles pour trouver un job sur un chantier. Sans logement, il finit par échouer dans une espèce de «zone» où se lamentent des centaines d’hommes dans sa situation. Tout à fait par hasard, il se rend compte d’un étrange trafic de lunettes d’un genre bien particulier. En effet, elles permettent de détecter l’existence d’un monde parallèle peuplé d’extraterrestres au visage complètement écorché, quasiment squelettiques, dont le seul but est de dominer le monde et de s’approprier toutes les richesses de la planète. On le constatera, l’histoire n’est pas neuve malgré l’incisive trouvaille des lunettes qui disent tout. Seul le traitement du réalisateur lui confère une grande originalité.John Carpenter Précisons que John Carpenter a eu, dans le domaine du fantastique, sa grande heure de gloire. Il s’est fait les griffes avec «Dark star» (Delta) en 1976 et «Assaut» (RCV) en 1974, tous deux toujours très prisés des cinéphiles. Mais c’est avec «Halloween» (en français «La nuit des masques», disponible chez Warner) qu’il a explosé réellement. En réactualisant le psycho killer, il a réussi à en faire un véritable mythe. A meilleure preuve, voyez les innombrables séquelles de cet unique petit bijou. Dans la foulée, il réalisera deux films très intéressants, aux scénarios qui peuvent surprendre, «Fog» et «New York 1997» (tous deux chez Warner). Puis en 1982, il tournera «The thing» (CIO), un remake du film homonyme d’Howard Hawks, et enchaînera, l’année suivante, avec «Christine» (GCR), d’après un roman de Stephen King. Ces deux films ayant remporté un vif succès aux USA, et malgré le semi-échec de «Starman» (GCR) tourné avec peu de moyens, les producteurs décideront alors de confier à Carpenter un budget conséquent. Il mettra trois ans à peaufiner le scénario et multipliera les repérages pour tourner enfin «Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin» (CBS Fox). Et ce sera l’échec, le ratage, le chaos. Personne ne suit cette histoire qui mêle le merveilleux, l’aventure et la bande dessinée. Alors, finis les gros sous alloués sans compter, adieu les superproducs qui gaspillent les milliards! Big John mettra deux ans à s’en remettre. Mais l’avenir prouvera qu’il est davantage fait pour les scénars speedés, tournés à la va-vite, que pour les grosses machineries à la Spielberg. «Prince des ténèbres» (Vestron), qu’il réalisera en 1987, est une petite merveille de cinéma gothique, atroce et foncièrement méchant. «Invasion Los Angeles» (en anglais «They live», disponible chez Partner and Partner) concrétisera le style de Carpenter, sec et infiniment dépouillé. Parmi les autres sorties de ce nouveau label, signalons «Evil alter» (l’autel du Diable), «Transmutation», «Le treizième étage» et «The unnamable», d’après Lovecraft. Souhaitons longue vie à cet éditeur, et pour tout renseignement, téléphonez au 45 25 15 58 ou au 42 89 43 17.