juillet, 2015

La vie est un long fleuve tranquille

Jeudi, juillet 23rd, 2015

La vie est un long fleuve tranquilleL’épopée des Groseille et des Le Quesnoy a remué en profondeur la France de 88. Ce fut le succès-surprise de l’année. De la part d’Etienne Chatiliez, réalisateur de pub branché, on s’attendait à tout sauf à cette comédie à rebours de la mode, cette plongée dans la province profonde, dans ce Nord moins fréquenté par le cinéma que la Côte d’Azur ou l’Ile-de-France. C’est donc à Bapaume (c’est-à-dire nulle part, eût dit le père Ubu) que vivent en s’ignorant les Groseille, prolos mécréants alcoolos, et les Le Quesnoy, bourgeois cathos bien élevés. Mais voilà : douze ans plus tôt, par dépit amoureux, une infirmière a interverti deux bébés. Un petit Le Quesnoy se retrouve chez les Groseille, et inversement. Suite à la révélation, ils réintègrent leur «vraie» famille. On imagine la situation ! Et c’est ainsi que les Groseille et les Le Quesnoy sont entrés dans la légende, avec le curé chantant (ineffable Patrick Bouchitey), la bonne enceinte jusqu’aux yeux (géniale Catherine Jacob), et tous les autres… Toute la France s’est reconnue en eux, c’est un signe.

Les cigognes n’en font qu’a leur tète

Les cigognes n'en font qu'a leur tèteMarie et Jérémie ont décidé d’adopter un enfant. Mais s’il ne s’agissait que d’en vouloir un pour être comblé, la tâche serait trop facile. Le couple se heurte à l’incompréhension manifeste de l’administration. Médecins, psychologues et autres enquêteurs de la DASS semblent s’être concertés pour réduire à néant les chances du couple. Marie rencontre alors Joanna, une jeune fille paumée dont le fiancé est en prison. Décidée à se faire avorter, elle se laisse convaincre de garder son enfant. Elle en fera don au Couple quand il sera né. On ne peut pas dire que le retour inespéré de Marlène Jobert à la pellicule soit des plus réussis… Le scénario alléchant de Didier Kaminka s’essouffle à mi-parcours. Le film est très inégal, mais d’actualité. Il a toutefois le mérite de nous faire retrouver l’irrésistible Roland Giraud, ainsi que Patrick Chesnais («La lectrice») pour une composition amusante et sans prétention. Marlène Jobert parvient — difficilement — à tirer son épingle du jeu. Elle s’en sort ‘quand même grâce à son charme inaltérable.

Beetlejuice

Mardi, juillet 7th, 2015

De la folie à l’état pur, du grand spectacle fantastique. «Beetlejuice», de Tim Burton (le réalisateur de «Batman»), est une petite merveille d’invention, de fantaisie, d’humour et d’émotions en tout genre. Grâce à Warner Vidéo, nous entrons dans un univers hanté par des créatures cauchemardesques et des monstres répugnants. Due «Beetlejuice » soit avec nous…

BeetlejuiceRéglons tout de suite un sort à l’histoire. Adam et Barbara Maitland habitent une antique et pittoresque maison au cœur du Connecticut. Jeunes mariés, ils mènent là une vie paisible et heureuse. Un rocambolesque accident va brusquement les faire rejoindre le royaume des esprits. Pour sauver la vie d’un chien errant, ils font une chute mortelle. A leur grand étonnement, ils continuent, tels des fantômes, à occuper leur charmante demeure sans pouvoir en sortir, sous peine d’être dévorés par l’infâme serpent des sables. Après quelques semaines, leur maison est envahie par une riche et bruyante famille new-yorkaise qui transforme le havre de paix en galerie d’art avant-gardiste Scandalisés. Adam et Barbara décident de déloger les intrus Leurs sortilèges, puisés dans le folklore classique des fantômes, laissent les occupants de marbre. Après une entrevue avec leur «conseillère post-mortem», ils se décident à faire appel à un «bio-exorciste» freelance : Beetlejuice. Pour faire venir ce farceur exubérant, vulgaire, et lubrique, Il suffit de prononcer trois fois son nom… Le héros de cette saga fantastique est interprété avec grand talent par Michael Keaton. Connu pour ses prestations comiques («Mr Mom», «Gung Ho», «Man hattan loto»), il est aujourd’hui apprécié dans le monde entier pour son rôle de Batman dans le film réalisé par Tim Burton, qui le met déjà en scène dans ce « Beetlejuice ». Il est également à l’affiche, en ce moment, avec l’excellente comédie réalisée par Howard Zieff, «Une journée de fous». A ses côtés, on découvre une série d’acteurs aux visages plus que connus. Il y a d’abord Alec Baldwin, que nous n’avons pas manqué d’apprécier pour ses rôles dans le feuilleton «Côte Ouest», mais aussi et surtout dans «Veuve… mais pas trop» avec Michelle Pfeiffer et, plus récemment, dans «Talk radio» d’Oliver Stone. Sa compagne de «Beetlejuice» est la charmante Geena Davis (voir galerie d’actrices dans notre numéro d’été) qui a joué les séductrices dans «Tootsie» et dans «Transylvanie 6 500» avant de succomber elle-même aux avances de «La mouche» (elle est la femme de Jeff Goldblum dans la vie) et du «Voyageur malgré lui», alias William Hurt. La famille infernale qui envahit la maison des Maitland est composée de Jeffrey Jones («Amadeus», «La folle journée de Ferris Bueller», «The Hanoi Hilton» et, encore inédit, le prix spécial du jury au Festival de Cognac, «Without a clue» avec Michael Caine et Ben Kingsley), de Catherine O’hara («Afterhours», «La brûlure») et de la ravissante Winona Ryder. Cette jeune comédienne — elle est encore au lycée — a été découverte dans «Lucas» et «Square dances, et est devenue une grande vedette pour son rôle de la femme de Jerry Lee Lewis dans «Great halls of fire», aux côtés de Dennis Quaid. Tout ce petit monde est donc dirigé par Tim Burton, que son récent «Batman» a propulsé au zénith de la profession. Il a signé son premier long métrage, «Pee Wee’s big adventure», à vingt-six ans, après avoir réalisé une série de courts métrages très appréciés. Son «Beetle juice» est une grande réussite en ce qui concerne la mise en images, la prestation des acteurs, mais aussi en ce qui concerne les effets spéciaux. «Les techniques les plus diverses ont été utilisées pour ce film, confie Alan Munro, le responsable de la partie. Nous avons mélangé des effets spéciaux novateurs avec des effets traditionnels, utilisés depuis les débuts du cinéma.» Et le résultat est époustouflant. Effets visuels, monstres en tout genre, décors fantasmagoriques et maquillages démentiels (un Oscar à la clé), tout y est pour déstabiliser le spectateur ébahi. Ce «Beetle juice», conte macabre et démoniaque, bénéficie en plis, telle la cerise sur le gâteau, d’un sens de l’humour dévastateur. De quoi mettre en appétit les auditeurs de Skyrock qui voudront en savoir plus en écoutant les nombreuses émissions qui font la part belle à ce Coup de cœur. Il ‘ne nous reste plus qu’à prononcer la fameuse formule : Beetle juice, Beetle juice, Beetle juice…