La belle au bois dormant

Pauvre petite princesse Aurore, maudite par une vilaine sorcière le jour de son baptême, et qui est destinée à se piquer le doigt à un rouet avant de dormir du sommeil des morts et d’être réveillée par le baiser d’un prince charmant… La belle Aurore est le personnage le plus fade de l’histoire. Mais du côté des gentils, il y a trois irrésistibles bonnes fées (Flora, Pimprenelle et Pâquerette) qui passent leur vie à se disputer et à tenter de fabriquer une robe ou concocter un gâteau, sans avoir recours à la baguette magique.La belle au bois dormant Le résultat est, bien sûr, catastrophique mais inénarrable de drôlerie. Côté méchants, la sorcière maléfique et les «damnées» créatures (style méchant corbeau ou dragon tonitruant) qui l’entourent ne craignent ni la surcharge, ni l’emphase dans le cynisme et la cruauté. Elles finiraient même par vous foutre vraiment la trouille si elles n’étaient pas aussi séduisantes de perversité. Un régal !

Deux

Depuis «Les ripoux», Zidi s’offre un passionnant virage de cinéaste. Après «Association de malfaiteurs» qui était bien plus qu’une simple comédie policière, Zidi va encore plus loin avec «Deux» et joue franchement la carte du dramatique. Marc (Depardieu) rencontre Hélène (Maruschka Detmers). Il est organisateur de concerts et compositeur de musique contemporaine. Elle est directrice d’agence immobilière. Lors de la visite d’une maison, ils se sentent attirés l’un vers l’autre. Mais se dire «Je t’aime» n’est pas si facile. Ils vont s’infliger des blessures, se cacher derrière des phrases à l’emporte-pièce et installer entre eux une relation amoureuse… difficile. Zidi a construit son film comme un chanté deux voix et a fait appel à l’écrivain Catherine Rihoit pour écrire le scénario de «Deux», pour mettre en place et inclure dans une réalité son histoire d’amour. Le résultat peut quelque peu exaspérer par quelques tendances à la sophistication abusive et par un certain manque de simplicité. Mais c’est la première fois que Zidi filme une histoire d’amour. Et le film est une très agréable surprise. Se mettant à l’écoute de ses deux comédiens (parfaits d’émotions et de justesse), le cinéaste montre une étonnante sensibilité.

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