La vie est un long fleuve tranquille

La vie est un long fleuve tranquilleL’épopée des Groseille et des Le Quesnoy a remué en profondeur la France de 88. Ce fut le succès-surprise de l’année. De la part d’Etienne Chatiliez, réalisateur de pub branché, on s’attendait à tout sauf à cette comédie à rebours de la mode, cette plongée dans la province profonde, dans ce Nord moins fréquenté par le cinéma que la Côte d’Azur ou l’Ile-de-France. C’est donc à Bapaume (c’est-à-dire nulle part, eût dit le père Ubu) que vivent en s’ignorant les Groseille, prolos mécréants alcoolos, et les Le Quesnoy, bourgeois cathos bien élevés. Mais voilà : douze ans plus tôt, par dépit amoureux, une infirmière a interverti deux bébés. Un petit Le Quesnoy se retrouve chez les Groseille, et inversement. Suite à la révélation, ils réintègrent leur «vraie» famille. On imagine la situation ! Et c’est ainsi que les Groseille et les Le Quesnoy sont entrés dans la légende, avec le curé chantant (ineffable Patrick Bouchitey), la bonne enceinte jusqu’aux yeux (géniale Catherine Jacob), et tous les autres… Toute la France s’est reconnue en eux, c’est un signe.

Les cigognes n’en font qu’a leur tète

Les cigognes n'en font qu'a leur tèteMarie et Jérémie ont décidé d’adopter un enfant. Mais s’il ne s’agissait que d’en vouloir un pour être comblé, la tâche serait trop facile. Le couple se heurte à l’incompréhension manifeste de l’administration. Médecins, psychologues et autres enquêteurs de la DASS semblent s’être concertés pour réduire à néant les chances du couple. Marie rencontre alors Joanna, une jeune fille paumée dont le fiancé est en prison. Décidée à se faire avorter, elle se laisse convaincre de garder son enfant. Elle en fera don au Couple quand il sera né. On ne peut pas dire que le retour inespéré de Marlène Jobert à la pellicule soit des plus réussis… Le scénario alléchant de Didier Kaminka s’essouffle à mi-parcours. Le film est très inégal, mais d’actualité. Il a toutefois le mérite de nous faire retrouver l’irrésistible Roland Giraud, ainsi que Patrick Chesnais («La lectrice») pour une composition amusante et sans prétention. Marlène Jobert parvient — difficilement — à tirer son épingle du jeu. Elle s’en sort ‘quand même grâce à son charme inaltérable.

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