Le dénonciateur

Le dénonciateur Le cinéma (et le public ?) anglais raffole de ce genre de films d’espionnage, adapté de best-sellers qui ne se sont jamais vraiment bien remis du succès de John Le Carré. «Le dénonciateur » est donc une leçon et un suspense d’espionnage, vu à hauteur de quotidien. Un père, homme d’affaires respecté et ancien combattant médaillé, refuse absolument de croire à la mort accidentelle de son fils, traducteur de russe pour les services secrets. Il mène son enquête et découvre bientôt un petit monde d’agents secrets qui a perdu toute humanité et joue avec les vies comme avec les pions d’un gigantesque échiquier international. Ces gens représentent un pouvoir politique omnipotent. Leur monstruosité est devenue normalité. Sur ce plan, le film de Simon Langton est assez efficace. Mais l’intrigue est confuse à souhait et débouche sur des lieux communs. Le réalisateur a décidé de filmer en longueur, et avec les silences. «Le dénonciateur » se perd donc en interminables bavardages. Et les acteurs, Michael Caine en tête (que l’on a l’impression d’avoir vu mille fois dans ce genre de films !), jouent tout dans le masque « british ». On peut repérer la partie du film où Michael Caine est éprouvé par le chagrin au fait que le masque de la distinction ennuyée s’illustre d’un regard humidifié par les larmes.

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