Les pyramides bleues

Les pyramides bleues  A la longue, il peut devenir lassant d’être éternellement définie comme « la diaphane égérie-des-films d’Eric-Rohmer ». Arielle Dombasle a trop de personnalité pour se contenter d’être une de nos plus belles comédiennes elle chante, elle danse, elle scénarise… il fallait aussi qu’elle mit en scène. Après son « Chassé-croisé » intimiste, en noir et blanc, voici donc un film d’amour, d’aventures, d’exotisme. L’action commence au Mexique, où Arielle a passé son enfance, et s’inspire d’un fait divers d’antan. In- comprise, insatisfaite, Elise quitte la cage dorée où elle vécut huit ans avec Alex, s’enfuit et… entre au couvent ! Ales envoie des sbires à sa recherche et finance le cynique prophète d’une secte pour monter une machination qui ramène la fugueuse au bercail. Ce qui complique tout, c’est que l’adepte choisi pour cette mission délicate est en fait un journaliste (Hippolyte Girardot) qui s’est introduit dans cette bande de mystiques. Histoire abracadabrante, certes, mais Arielle n’est pas dupe, et c’est pour elle comme un défi. Quelle autre actrice pourrait, d’une scène à l’autre, apparaître en souple naïade évoluant dans une piscine de rêve et en novice d’une communauté religieuse ? Qui oserait ce rapprochement entre le corps cambré d’une femme pendant l’amour et celui d’un Christ d’ivoire sur son crucifix ? Certains pourront sourire… N’empêche que ces tranquilles audaces parviennent à faire mouche Arielle brise le ronron soporifique du cinéma ambiant.

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