Un pavé plein debulles

C’était plus qu’un pari : une gageure! Et un véritable travail de bénédictin pour le super érudit Henri Filippini, qui a conçu et écrit ce monumental «Dictionnaire de la bande dessinée», réalisé par les Éditions Bordas. Le résultat est stupéfiant, il n’a rien oublié ! Tous les pays, tous les genres, toutes les époques sont méthodiquement recensés par Filippini. Passant en revue 900 héros (le tout abondamment illustré et en couleur) et 1700 créateurs, avec un système de renvois très astucieux, on peut dire qu’il fait magistralement le tour de cette passionnante et foisonnante question. Bravo ! «Dictionnaire de la bande dessinée», par Henri Filippini, Éditions Bordas, 450 francs).

Le golf à portée de main

A l’instar de ses petits camarades de TF1 et de Canal +, Antenne 2 se lance à son tour dans l’édition vidéo en proposant une cassette didactique et passionnante, intitulée «Découverte du golf». Désormais, vous saurez vraiment tout sur ce sport en pleine expansion grâce aux conseils éclairés de Patrick Cros, vice-champion du monde au Mexique en 1966, et de Jean-Louis Calméjane, journaliste au service des sports sur A2. Il ne reste plus qu’a souhaiter que « la chaîne sans pub», du moins pendant les films, n’en reste pas là et continue à nous présenter des produits d’aussi bonne qualité.

Club vidéo loisirs

Club vidéoLa filiale Club de Bertelsmann et du groupe de la Cité, France Loisirs, diversifie son catalogue en pro posant, à partir du 1er octobre, une sélection de cinquante titres par trimestre. Fière de ses quatre millions et demi d’adhérents, France Loisirs est confortablement installée dans le secteur du livre avec ses quelque seize millions d’exemplaires vendus par an. En proposant l’ouverture des sélections mensuelles à la vidéo, la société s’est fixé comme objectif de vendre environ 100 000 cassettes par trimestre. Pour cela, des accords ont été passés avec seize des plus prestigieux éditeurs de vidéo en France. Une initiative que le Club Dial (spécialisé dans l’édition musicale) avait été le premier à proposer l’été dernier.

National Geographic vidéo

National GeographicDans le cadre des accords de distribution passés entre Warner Home Vidéo et Vestron International, six cassettes de la collection National Geographic sont désormais disponibles dans les vidéoclubs, grandes surfaces et magasins spécialisés, au prix unitaire de 149 francs environ. Les titres sont : «Attention danger : ours polaire», «La guerre des rhinos», «Les requins», «Au pays du tigre», « Les secrets du Titanic» et «La forêt tropicale». Les amateurs de vraie nature seront séduits par cette série d’un genre nouveau. Et, nous promettons, ce n’est qu’un début…

Musique Cogedep

Cogedep

Le 12 septembre dernier s’est déroulée, dans la sublime enceinte du château d’Esclimont, la deuxième convention Cogedep du disque et de la musique pour la distribution. Une douzaine d’acheteurs de la grande distribution étaient présents, ainsi que les spécialistes du monde de la musique. Beaucoup de grands dossiers furent discutés par l’ensemble des membres, mais le grand moment fut, sans conteste, la table ronde consacrée au marché du disque en Europe, avec ses réalités, ses évolutions et ses perspectives. Vivement la troisième convention.

L’année du Chat

Dans notre numéro d’avril 88, nous avons longuement évoqué, et convoqué, le dessinateur belge PhilippeGeluck et sa créature folle d’humour et de philo, le Chat. Après trois albums déjà parus, « Le Chat», « Le retour du Chat» et « La vengeance du Chat», les Éditions Casterman lancent «L’année du Chat, agenda 1990». Vous aurez ainsi le bonheur insigne de retrouver, chaque jour de l’année, les réflexions, maximes et sentences de l’un des héros les plus attachants de la BD contemporaine (89 francs).

SKC :les raisons d’une ambition

Une présence remarquée

A l’occasion du dernier Salon international son et vidéo qui vient de se tenir à la Porte de Versailles, on a beaucoup remarqué la présence de SKC. Un stand important et animé, des produits qui attestent d’une réelle volonté d’innovation, autant d’indices concordants qui nous permettent de penser que SKC est bien décidé à se battre dans la cour des grands. Les produits sont là. D’importants moyens vont être maintenant mis en œuvre pour les soutenir.

L’empire Sunkyong

Filiale du groupe Sunkyong, SKC est une grande entreprise coréenne, spécialisée dans les supports magnétiques (bandes vidéo, cassettes audio, disquettes…). Fondé en 1953, Sunkyong était, à l’origine, un groupe textile. En moins d’un demi-siècle, il a connu un développement et une diversification phénoménales : pétrole, plastique, vêtements, téléphone, bateaux, camions, construction, alimentation, engineering, hôtellerie… Aucun secteur d’activité n’échappe à ce géant qui, dans cinquante-sept pays, aligne plus de deux mille produits différents, compte cinquante mille collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de dix milliards de dollars. Des résultats étonnants qui permettent à Sunkyong d’être classé par le magazine Fortune comme la soixante-deuxième compagnie mondiale (hors USA).Sunkyong

Une recherche constante de la qualité

SKC peut expliquer sa réussite par son intégration verticale, à l’intérieur de Sunkyong. En effet, les matières premières qui entrent dans la composition d’une cassette (pétrole, par exemple), proviennent directement d’une entreprise Sunkyong. Les avantages sont évidents : maîtrise totale des coûts de production et contrôle de la qualité des produits, à toutes les étapes de sa fabrication. Car, pour SKC, la qualité reste l’objectif primordial. Usines ultramodernes, technologie de pointe, contrôles incessants et vérifications toujours plus précises, le goût du perfectionnisme est vraiment poussé à l’extrême. Cette qualité, les vidéophiles français ont pu l’apprécier depuis 1983, date à laquelle SKC s’est implanté en France. Présentes dans tous les formats vidéo grand-public (VHS, VHS-C, 8 mm) et dans toutes les gammes (SKC PG, SHG, Super Hi-fi, Super Pro), les cassettes SKC ont, en commun, d’offrir des images nettes (quasiexemptes de drop-outs), des couleurs naturelles, un son pur et une fidélité de conservation à toute épreuve… La petite taille des particules magnétiques et le soin extrême apporté à l’enduction qui met en œuvre un double traitement de surface expliquent ces excellents résultats, caractérisés par une parfaite homogénéité de la couche magnétique et un très haut niveau de rapport signal/bruit. La qualité des produits, le souci du perfectionnisme, et l’implantation sur le marché français étant maintenant des données acquises, il restait, pour SKC, à développer une politique de communication active et suivie. Tous les facteurs qui ont fait la force et le succès des entreprises asiatiques sont maintenant en passe d’être réunis. Tout nous porte donc à croire que SKC va s’imposer très rapidement et réaliser ainsi son ambition : devenir l’un des grands leaders du marché de la cassette.

Le coup de l’autruche

La musique est restée la même. Mais l’idée s’est affinée, jouant sur le souvenir qu’on gardait forcément des deux films précédents. Le premier se passait sur un bateau, le second dans une benne de téléphérique. «On se fait un petit caprice ?» proposait la superbe créature au héros. Et l’heureux homme chassait d’importuns témoins en hurlant au naufrage («On coule !») ou en actionnant une manette d’évacuation («Terminus !»). Le couple se retrouvait seul à déguster son «Caprice des dieux, caprice à deux.» Un plaisir qui ne se partage pas. Difficile de trouver une suite à ces deux petits chefs-d’œuvre. L’agence BDDP voulait profiter de la complicité qui s’était installée entre le produit et le spectateur (les premières notes de la mélodie servent à elles seules de signe de ralliement), mais la saga était trop jeune encore pour qu’on pût broder dans l’ellipse ou se cantonner au clin d’œil. Le directeur artistique Antoine Belteur et le concepteur-rédacteur Bruno Lacoste (un couple inséparable et déjà mythique dans l’anthologie de la pub : Hachette, Michelin, 1664…) ont donc décidé de conserver exactement l’idée initiale, mais de la faire glisser vers la farce, le «nonsense» des Britanniques. Ils ont demandé à Jugnot de filmer le tout. Le héros est, cette fois, maître nageur, veillant sur un troupeau de corps avachis sur la plage. La femme est en maillot, masque et tuba, grimpe à l’échelle, propose son caprice. «Grand concours d’autruches !» hurle le maître nageur dans son porte-voix. Et la foule —très Bronzée — s’enfouit avec ravissement la tête dans le sable. Les figurants ont été trouvés sur place. La naïade à Paris. Pour le maître nageur, le choix fut plus délicat. Il fallait quelqu’un de musclé sans l’être trop, avec surtout le front bas et borné des surfeurs californiens. Les postulants français étaient ventrus ou culturistes, les Mexicains n’avaient pas l’air assez obtus. On trouva enfin la bête à Los Angeles. Tout était prêt pour le tournage, les trous creusés dans le sable. Manquait une chute au film. Barthuel et Lacoste, avec la modestie des très grands, chargèrent Jugnot de l’imaginer. A la fin, perchée sur la chaise du maître nageur, la jeune femme entreprenante baisse la tête, comme une petite chatte soumise. Elle a remonté son masque sur ses cheveux, on a envie de la serrer contre soi. Pas le champion de natation. Tirant un peigne des confins de son caleçon, il vérifie dans le reflet du masque que son front n’a pas bougé.

Les classiques 1 (jeux d’arcade)

La mode, comme les disques, est à la compilation. Alors Titus a eu l’excellente idée de ressortir des jeux qui, bien qu’anciens, n’en sont pas moins de qualité. Et c’est l’occasion pour les plus jeunes de découvrir les must qui ont fait la joie de leurs grands-frères, lesquels avaient (sourire condescendant oblige) un Apple II ou un TRS 80. Quelle époque ! Les Classiques 1 comprennent trois «oldies» : un Space Invaders, très rapide et plein de souvenirs, un mur de briques qui vous renvoie un nombre invraisemblable de balles, et surtout un PAC Man réactualisé, capable de mettre le turbo. Mais attention : l’utilisation de ce dernier fait perdre des points. Cruel dilemme ! Faut-il faire des points ou faire des tableaux ? Des jeux à découvrir ou plutôt à redécouvrir.

Vie et mort des dinosauresVie et mort des dinosaures (jeu didactique)

Quoi de plus merveilleux que de voir surgir d’une époque révolue ces gigantesques monstres disparus depuis des millénaires ? Superbe comme une revanche de l’histoire. Ce jeu didactique, avec possibilité de sauver les textes sur imprimante (très pratique lorsque l’on cherche une référence), permet d’étudier la paléontologie. Réalisez vous-même des fouilles au cœur des déserts perdus, et faites bien attention à ne pas détruire les précieux ossements que vous devez ramener au musée et répondez aux questions, difficiles, de trois examinateurs. Pas évident, à moins que le sujet ne vous passionne depuis longtemps. Des millénaires peut-être ?

Sega l’alternative

Lorsque la console Sega est arrivée au bureau, je ne voyais vraiment pas l’intérêt de ce micro sans clavier. Peut-être avais-je en mémoire les consoles d’antan, de piètre qualité. Et puis, à l’usage, et devant la beauté des graphismes, il s’agit bel et bien d’une alternative pour ceux qui s’intéressent plus particulièrement aux jeux d’arcade. Les purs et durs de la gâchette. Ceux qui tirent plus vite que leur écran. A ceux-là, l’achat du pistolet est indispensable. La version d’Out Run, un des meilleurs programmes de conduite automobile, est particulièrement belle. Les cartouches atteignant jusqu’à deux méga octets de mémoires permettent d’atteindre un excellent niveau de qualité. De toute façon, le rapport qualité/prix de cette machine fait que l’on peut parler de l’alternative Sega.

Bivouac(jeu de simulation d’escalade)

BivouacL’escalade sur ordinateur, telle qu’elle est conçue dans ce programme, vous tansforme en un alpiniste chevronné, assis bien au chaud dans votre fauteuil, et vous donne l’impression de vaincre des sommets inviolés comme si vous y étiez. Il faut dire que tous les paramètres possibles et imaginables ont été rentrés en machine. Le début du jeu vous propose un sac à dos bien trop rempli. Refusez-le, et choisissez vous-même, suivant l’époque et le type d’escalade que vous avez choisi : nourriture, vêtements et matériel. Des multi fenêtres vous donnent tous les renseignements nécessaires : la température, l’heure, l’altitude, le type de parois… Un logiciel vraiment à la hauteur.

Dungeon Master (jeu de fantasy)

Il n’y a pas de mot assez fort pour décrire cet extraordinaire logiciel annoncé et attendu depuis deux ans déjà. On comprend mieux, devant la richesse du programme, pourquoi FTL a eu tant de mal à sortir la version définitive. Le résultat dépasse les espérances. On se retrouve, tout simplement, devant le plus beau jeu de «Fantasy» qui ait jamais été écrit. Pourquoi tant de louanges ? Jusqu’à ce jour, pour jouer aux jeux de rôle existants, il fallait faire preuve d’une bonne dose d’imagination pour recréer les situations qui apparaissent à l’écran, le plus souvent en mode textuel. Les monstres, même décrits par le menu, n’apparaissaient généralement pas, ou peu. Les trésors trouvés se résumaient à une phrase. C’était passionnant, mais quand même frustrant.Dungeon Master Ici, tout est visuel. Une lourde porte redressée permet d’entrer à l’intérieur d’un labyrinthe à treize niveaux, d’une difficulté croissante. Il faut, tout d’abord, constituer une équipe de quatre champions choisis parmi vingt-quatre personnages cachés dans des miroirs. Aidé de ses guerriers qu’il faut étudier avec le plus grand soin, vous devez retrouver le «Firestaff» (le bâton de feu), enfoui au fond du donjon. Tout est quasiment possible et entièrement piloté à la souris. Par exemple, placez les personnages les plus forts devant, ils résisteront mieux aux assauts des agresseurs que vous rencontrerez : des momies, des champignons qui, vaincus, vous donneront de la nourriture et surtout, un extraordinaire tyrannosaure. Allez, je vous donne un truc : reculez jusqu’aux herses et abaissez-les sur les momies, le résultat est garanti. Fouillez bien les murs, même si vous ne voyez rien. Vous pouvez lancer vos épées, vos torches, et même les cadavres des monstres précédemment tués. Réalisez une carte de vos déplacements, le salut est parfois dans la fuite. Et comme si cela ne suffisait pas, le jeu se déroule en temps réel. Si vous traînez trop en route, vos torches s’éteignent, vous laissant dans le noir complet sauf si vous avez, entre-temps appris la magie et pouvez lancer des sorts. En bref, un jeu inépuisable et passionnant. A quand Dunoeon Master Il ? Déjà en préparation, il paraît impossible de faire mieux. Mais avec ces sacrées machines, sait-on jamais…

JEUX VIDEO

H.M.S. COBRA (simulation de combat naval)

Décembre 1942. La guerre est à son paroxysme. Pour les Alliés, il est vital d’assurer l’approvisionnement en munitions et en carburant de l’URSS. Bien évidemment, les Allemands mettent tout en œuvre pour empêcher les convois de passer. Des bombardiers, des Stukas, une escadre de navires et de sous-marins vous attendent, fermement ancrés au milieu de l’océan. Mais vous êtes le commandant du plus beau fleuron de la Royal Navy, et n’aurez de cesse d’atteindre, avec un minimum de pertes, Mourmansk. Le sort de la seconde guerre mondiale en dépend. Voici une simulation difficile et réaliste qui nécessite un minimum de connaissances en balistique, en lecture de cartes marines et en wargames. Néanmoins, il est possible de modifier certains paramètres comme le nombre de navires et de sous-marins allemands, facilitant ainsi l’apprentissage de ce jeu inclassable, tiré d’un épisode réel de la seconde guerre mondiale. Le convoi PQ 77 partit avec trente-cinq navires. Vingt-deux n’atteignirent jamais leur destination finale. Pourrez-vous faire mieux, dans les mêmes conditions ? De toute façon, on ne refait pas l’histoire, tout juste peut-on la revivre.

Bill Palmer (jeux d’aventures)

Bill PalmerBill Palmer est un intrépide aventurier. Un vrai de vrai, à côté duquel Indiana Jones ressemble à un pantouflard. Son but, qui est également le vôtre, est simple : pour toucher les 10 000 $ de prime, Bill doit partir au N’Gwanalele (ne vous inquiétez pas, il y a un vol direct au départ de Paris). Il doit y combattre le professeur X, et retrouver la statuette mystérieuse qu’il a dérobée. Mais avant d’en arriver là, il faudra fouiller de nombreux écrans, ramasser des objets (à quoi peut bien servir une laitue défraîchie ? Emmenez-la en Afrique, on ne sait jamais), rencontrer Tintin en route pour le Congo, peut-être encore belge, et résoudre des énigmes, heureusement pas trop compliquées. Un conseil : sauvegardez souvent votre partie en cours, cela vous évitera d’avoir à prendre trop fréquemment l’avion. C’est si cher, de nos jours, un billet. Un jeu réalisé par des garçons sérieux : leur boîte, consacrée à la comptabilité informatique, s’appelle Siel. Alors, pour les jeux, ils en ont fait une autre qui s’appelle Arcan. Astucieux, non ?

Les 4 mercredis

MusclorFilm Office sort son sixième volume des exploits de Musclor dans Les maîtres de l’univers (81/83. 78 mn). Trois épisodes au cours desquels le prince Adam affronte son éternel ennemi, Skeletor. Océanor veut s’emparer d’un appareil à ultra-sons qui lui donnerait un contrôle absolu sur tous les animaux ; le peuple des cavernes et le peuple des arbres s’entre-tuent pour la possession de la petite Estria aux pouvoirs merveilleux tandis que Maître d’armes est transformé en statue de cristal par Skeletor : c’est alors que le prince Adam se transforme en Musclor grâce aux pouvoirs de son épée magique et prend les choses en mains avec Tula, Orko et les autres… Peu de nouveauté dans ces épisodes dont l’issue est trop certaine… et ce n’est pas la qualité de l’animation qui va faire passer la pilule ! Antarès continue, de son côté, à nous offrir les trésors de l’animation russe dans sa collection «Réglisse», avec La légende du Tsar Saltan (50 mn) d’après un conte de Pouchkine, réalisé par Ivan Vano (dont on a vu, récemment, la très jolie Reine des glaces). Le Tsar Saltan épouse une jeune paysanne pour sa beauté. Mais ses cousines, jalouses, se vengent d’elle en faisant croire au tsar en campagne, que le fils qu’elle a mis au monde est un monstre. Il bannit de son royaume la mère et l’enfant qui vont voguer sur la mer dans un tonneau pendant vingt années. Ensuite-, le jeune prince Guidon vit dans une merveilleuse cité sur une île où ils ont échoué, mais il rêve de connaître son père. Et ce sont les visites régulières des marchands qui créent un pont entre eux. Aidé par un cygne blanc qu’il a sauvé des griffes d’un épervier, le jeune prince retrouvera l’amour de son père et découvrira dans le cygne blanc, la jeune fille qu’il rêvait d’épouser… L’animation est plus raide que dans La reine des glaces ; malgré de beaux dessins et des décors aux couleurs très soignées, l’ensemble est moins réussi. Chez Vestron, une production Golan/Globus de Boaz Davidson (1986. 86 mn). Mon aventure africaine raconte le voyage en Afrique de Ben McNamara, douze ans, fils d’un sénateur, accompagné de son mentor, Big Bad Joe (Dom de Luise) et guidé par Mozambo, grand organisateur de safaris. La traversée d’une grande réserve d’animaux en liberté, une séance chez un «dentiste local» et la rencontre avec Bonzo, un chimpanzé qui parle, marqueront ce périple haut en couleurs, bien qu’un tantinet balourd quant à l’humour pratiqué… Le comique est si maladroit qu’on est tenté de le qualifier de raciste. Heureusement, les Blancs ne sont pas non plus des lumières dans cette histoire (Herbert Lom est pitoyable, qu’allait-il faire dans cette galère ?) mais Dom de Luise arrive à être drôle dans ses démêlés avec les animaux sauvages. L’entreprise est ambitieuse, certains moments très soignés et réussis (le passage dans le cirque à la fin) mais cela ne suffit pas. Les moyens sont là, mais il n’y a pas la grâce. Mais, pour vous prouver que je peux aussi critiquer les productions Walt Disney, j’ai gardé ma mauvaise humeur pour la fin, à propos de la dernière cassette de dessins animés La joyeuse ménagerie (76 mn). Nous avons là une sélection de huit dessins animés (de 1934 à 1967), avec cinq Donald, dont un déjà vu dans Donald et Dingo au Far-West (Donald au ranch), un vieux Mickey (1935) totalement surréaliste et extraordinaire (La fanfare), et deux autres avec des souris (La souris volante et Franklin et moi) qui figuraient déjà dans Il était une fois une souris… Est-il besoin d’en dire plus ? Entre Disney Channel, le samedi soir et les cassettes vidéo qui resservent du déjà-vu, on va arriver — et c’est bien dommage — à une véritable overdose de dessins animés vus et revus avec Mickey, Donald et compagnie. Ce n’est pas du travail sérieux !

Série B

Défaite américaine, la guerre du Viêt-Nam est devenue un véritable filon pour les producteurs hollywoodiens. Imaginons un instant, sur le plan cinématographique, une victoire de l’Oncle Sam !… Treize années après la chute de Saïgon, «la sale guerre» fait aujourd’hui recette. Après le succès mérité de quelques grosses productions (voir «le dossier Viêt-Nam en vidéo» dans OKP n° 82), la série B semble découvrir à son tour cette période douloureuse de l’histoire militaire américaine.

Ainsi, on peut jeter un regard intéressé sur U.S. Marine (Firebird Conspiracy-1 986-1 h 32) qui joue essentiellement la carte du spectaculaire : alors que le Viêt-Nam est pratiquement aux mains des troupes communistes, le capitaine Beck est chargé de faire passer en Thaïlande l’agent Van Tuyen, Vietnamien du Sud et possesseur d’un microfilm explosif qui pourrait déstabiliser la Maison Blanche. Une longue et meurtrière chasse à l’homme s’engage. Mais Beck et ses compagnons ne sont pas des gibiers faciles… Sans être une œuvre d’une perfection absolue, notamment au niveau de sa réalisation et par son manichéisme primaire, U.S. Marine reste un bon et musclé film d’aventures dans lequel sont exposées, sans vergogne, les horreurs de la guerre. Quittons la jungle vietnamienne pour la pampa colombienne. Dans Six hommes pour sauver Harry (Lets Get Harry-1987- 1 h 39), l’ambassadeur des États-Unis et Harry Burck, un ingénieur, sont enlevés par un puissant trafiquant de drogue qui veut obtenir la libération de ses complices. Devant l’inertie du gouvernement américain, le jeune frère d’Harry et ses amis décident de partir en Colombie. Ils engagent un mercenaire, ancien héros du Viêt-Nam… Un récit pas toujours vraisemblable mais très haletant, dans lequel de paisibles ouvriers américains se transforment en apprentis-Rambo. Imaginée par Samuel Fuller, cette histoire, au patriotisme un peu enfantin, est signée par un mystérieux Alan Smithee au demeurant cinéaste efficace. En mercenaire désabusé, l’excellent Robert Duvall fait un numéro de choc. Écrit et interprété par Bill Holliday, décédé à la fin du tournage (le film lui est dédié), Anti-terroriste Force (1 985-1 h 25) est un petit polar sympathique : à la Nouvelle-Orléans, deux flics aux méthodes musclées traquent de dangereux terroristes… Ce scénario trépidant, aux nombreuses péripéties, bénéficie d’un montage rigoureux qui rachète une mise en scène impersonnelle. Reste une série B honorable et jamais ennuyeuse. Excellente surprise que Martin’s Day (1 9 8 4 – 1 h 34), production canadienne où l’émotion se mêle habilement à l’aventure et à la comédie : forçat évadé, Martin a une idée fixe : retourner sur les lieux de son enfance. Poursuivi par de nombreux policiers, Martin prend en otage un petit garçon au regard triste qui se nomme… Martin ! Une solide amitié va naître entre le kidnappeur et le kidnappé… Course-poursuite effrénée, Martin’s Day est surtout l’histoire de deux gamins, un grand et un petit, qui courent vers un rêve de liberté et de bonheur. Richard Harris et le petit Justin Henry forment un duo étonnant. Malgré une jaquette fausse et laide, ne ratez pas ce film d’une sensibilité débordante. L’inoubliable Partie de Blake Edwards (disponible chez Warner) semble avoir inspiré le scénariste de R.S.V.P. (1 984-1 h 22), curieux mélange de film-sexy et de comédie de mœurs : un producteur donne une réception en l’honneur d’un écrivain dont il veut porter à l’écran le dernier «best-seller», satire féroce d’Hollywood. Mais tous les invités ont des noms connus. Les règlements de comptes commencent… Quelques bons gags ponctuent cette gentille comédie dont le délire des dialogues originaux semble fort bien rendu par une version française soignée. Terminons enfin avec le tueur psychopathe du mois qui sévit dans House on SororityRow (1 98 2 – 1 h 32) : un mystérieux assassin commet d’effroyables meurtres dans un collège de jeunes filles… Plutôt soigné, avec en prime une musique superbe jouée par l’Orchestre Philarmonique de Londres, ce petit film d’horreur aligne malheureusement tous les poncifs du genre. «Plus rien n’a de limites…» annonce la jaquette. Sauf l’imagination, semble-t-il…

Histoires fantastiques (Amazing stories)

Histoires fantastiquesLa mascotte : Jonathan, mitrailleur en mission au-dessus de l’Allemagne, est bloqué dans la tourelle ventrale de son avion. Et l’engin va devoir atterrir, en catastrophe, sur le… ventre. C’est la mort certaine, à moins d’un miracle… Papa, momie : Pour les besoins d’un film, un acteur se balade dans les marais, déguisé en momie. Or, une vraie momie sévit depuis des siècles dans la région. Aïe, aïe, aie…

La mauvaise tête : Deux étudiants, sévèrement punis par leur irascible professeur de littérature anglaise, lui jettent un mauvais sort. Mais une légère erreur dans la préparation des ingrédients va provoquer un énorme retournement de situation… Ces trois sketches, tirés de la série Amazing Stories, ont été produits par Spielberg pour la télévision américaine. L’humour côtoie ici le fantastique avec maestria et le premier épisode (réalisé par maître Spielberg) ajoute, en plus, une note de poésie superbe. Un véritable régal, donc.

De sang froid (The boys nextdoor)

Ayant obtenu leur diplôme de fin d’année, deux adolescents désœuvrés font une virée à Los Angeles, avant leur départ pour le service militaire. Leur itinéraire est ponctué de violences qui vont jusqu’au meurtre. Le titre français, idiot, prête à la confusion avec le film de Richard Brooks, d’après le best-seller de Truman Capote. Le film de Penelope Spheeris est un petit film brutal et sans concession qui peint avec justesse une certaine jeunesse désœuvrée. A découvrir.

Le lendemain du crime (The morningafter)

Actrice alcoolique, Alex se réveille après une nuit d’ivresse dans le lit du roi du porno californien, dont le corps gît, poignardé, à ses côtés. Sans alibi, elle tente de fuir Los Angeles. Sur son chemin, elle tombe sur un ex-flic, qui va l’aider. Qu’est allé faire Sidney Lumet dans cette galère ? L’histoire policière est d’une banalité à pleurer et le suspense, très artificiellement maintenu. L’ensemble vise uniquement à offrir à Jane Fonda une performance «oscarisable». Mais le film, impersonnel, ennuie. Sauf dans la dernière scène où les comédiens apportent, enfin, l’émotion.

Angel Heart, aux portes de l’enfer

Angel Heart

Harlem 1955. Harry Angel, détective privé, est chargé par Louis Cyphre de retrouver un certain Johnny Favorite, un crooner à succès qui a brusquement disparu. L’enquête d’Harry le conduit dans une histoire mystérieuse qui finit par le remettre lui-même en question. Angel Heurt est un chef-d’œuvre du film noir. Alan Parker, adaptant un roman fantastique, n’hésite pas à désigner le mal : Satan lui-même. Et son film devient une quête désespérée de l’identité, sous le signe de l’innocence perdue. Admirablement lyrique et magnifiquement interprété, Angel Heurt rappelle que le polar, comme le fantastique, est réussi quand il se situe au cœur du noir.