Série B

Défaite américaine, la guerre du Viêt-Nam est devenue un véritable filon pour les producteurs hollywoodiens. Imaginons un instant, sur le plan cinématographique, une victoire de l’Oncle Sam !… Treize années après la chute de Saïgon, «la sale guerre» fait aujourd’hui recette. Après le succès mérité de quelques grosses productions (voir «le dossier Viêt-Nam en vidéo» dans OKP n° 82), la série B semble découvrir à son tour cette période douloureuse de l’histoire militaire américaine.

Ainsi, on peut jeter un regard intéressé sur U.S. Marine (Firebird Conspiracy-1 986-1 h 32) qui joue essentiellement la carte du spectaculaire : alors que le Viêt-Nam est pratiquement aux mains des troupes communistes, le capitaine Beck est chargé de faire passer en Thaïlande l’agent Van Tuyen, Vietnamien du Sud et possesseur d’un microfilm explosif qui pourrait déstabiliser la Maison Blanche. Une longue et meurtrière chasse à l’homme s’engage. Mais Beck et ses compagnons ne sont pas des gibiers faciles… Sans être une œuvre d’une perfection absolue, notamment au niveau de sa réalisation et par son manichéisme primaire, U.S. Marine reste un bon et musclé film d’aventures dans lequel sont exposées, sans vergogne, les horreurs de la guerre. Quittons la jungle vietnamienne pour la pampa colombienne. Dans Six hommes pour sauver Harry (Lets Get Harry-1987- 1 h 39), l’ambassadeur des États-Unis et Harry Burck, un ingénieur, sont enlevés par un puissant trafiquant de drogue qui veut obtenir la libération de ses complices. Devant l’inertie du gouvernement américain, le jeune frère d’Harry et ses amis décident de partir en Colombie. Ils engagent un mercenaire, ancien héros du Viêt-Nam… Un récit pas toujours vraisemblable mais très haletant, dans lequel de paisibles ouvriers américains se transforment en apprentis-Rambo. Imaginée par Samuel Fuller, cette histoire, au patriotisme un peu enfantin, est signée par un mystérieux Alan Smithee au demeurant cinéaste efficace. En mercenaire désabusé, l’excellent Robert Duvall fait un numéro de choc. Écrit et interprété par Bill Holliday, décédé à la fin du tournage (le film lui est dédié), Anti-terroriste Force (1 985-1 h 25) est un petit polar sympathique : à la Nouvelle-Orléans, deux flics aux méthodes musclées traquent de dangereux terroristes… Ce scénario trépidant, aux nombreuses péripéties, bénéficie d’un montage rigoureux qui rachète une mise en scène impersonnelle. Reste une série B honorable et jamais ennuyeuse. Excellente surprise que Martin’s Day (1 9 8 4 – 1 h 34), production canadienne où l’émotion se mêle habilement à l’aventure et à la comédie : forçat évadé, Martin a une idée fixe : retourner sur les lieux de son enfance. Poursuivi par de nombreux policiers, Martin prend en otage un petit garçon au regard triste qui se nomme… Martin ! Une solide amitié va naître entre le kidnappeur et le kidnappé… Course-poursuite effrénée, Martin’s Day est surtout l’histoire de deux gamins, un grand et un petit, qui courent vers un rêve de liberté et de bonheur. Richard Harris et le petit Justin Henry forment un duo étonnant. Malgré une jaquette fausse et laide, ne ratez pas ce film d’une sensibilité débordante. L’inoubliable Partie de Blake Edwards (disponible chez Warner) semble avoir inspiré le scénariste de R.S.V.P. (1 984-1 h 22), curieux mélange de film-sexy et de comédie de mœurs : un producteur donne une réception en l’honneur d’un écrivain dont il veut porter à l’écran le dernier «best-seller», satire féroce d’Hollywood. Mais tous les invités ont des noms connus. Les règlements de comptes commencent… Quelques bons gags ponctuent cette gentille comédie dont le délire des dialogues originaux semble fort bien rendu par une version française soignée. Terminons enfin avec le tueur psychopathe du mois qui sévit dans House on SororityRow (1 98 2 – 1 h 32) : un mystérieux assassin commet d’effroyables meurtres dans un collège de jeunes filles… Plutôt soigné, avec en prime une musique superbe jouée par l’Orchestre Philarmonique de Londres, ce petit film d’horreur aligne malheureusement tous les poncifs du genre. «Plus rien n’a de limites…» annonce la jaquette. Sauf l’imagination, semble-t-il…

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